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Il y a quelques jours, je rencontrai une des animatrices de créativité de l’université de Lyon pour préparer un séminaire d’intégration. Elle me présente l’échauffement préféré du pool d’animation et… surprise !… c’est l’exercice que j’utilise régulièrement, un travail énergisant et facile sur la voix que j’ai mis au point en mélangeant un échauffement d’impro avec une astuce découverte lors d’un stage vocal. J’absorbe l’info et je continue à l’écouter. Elle me présente alors son exercice préféré pour un travail en binôme, un exercice qu’elle appelle « La vie qui dit non ». Là, je suis scotché ! Je sens passer de la surprise mais aussi de la colère.

« La vie qui dit non », c’est le nom que j’ai donné à un exercice que j’utilise depuis trois ans pour simuler sa réaction quand ça ne se passe pas comme prévu et qu’on ne peut pas faire ce qu’on voulait faire. Il est au programme de mes conférences participatives « l’erreur est un cadeau ». Je l’ai aussi utilisé pendant les Dialogues en Humanité et deux années de suite à l’occasion du « Challenge de l’idée » organisé par … l’université de Lyon !… et à chaque fois j’avais commencé par l’échauffement vocal ! Je comprends alors que ces deux exercices ont plu suffisamment pour devenir des classiques dans la boîte à outils des animateurs de l’université.

Je fais part de tout cela à mon interlocutrice qui s’étonne et ajoute, désabusée : « Ben oui… mais c’est comme ça… les jeux, ça passe de mains en mains… ».

Et elle a raison. Moi-même, pour « La Vie qui dit non », j’ai repris le jeu d’impro « Autre chose ! » que j’ai placé dans le cadre du jeu « Raconter une histoire ». J’en ai fait un exercice pour deux et je lui ai donné un sens particulier en fixant que l’un des deux participants serait « la Vie ».

La surprise et la colère font alors place à la fierté. Ce plagiat est une vraie reconnaissance : oui, j’apporte quelque chose. Je contribue. Mes créations ont de la valeur.

Il me rappelle aussi que dans un monde qui va vite, il est nécessaire de constamment innover (je présenterai prochainement l’exercice de combinaison impro + design thinking testé en janvier avec Mario Esposito).

Je pense que c’est Keith Johnstone, le « pape » de l’impro, qui disait que les jeux d’impro appartiennent à tout le monde mais qu’il convient, quand c’est possible, d’en attribuer la paternité à son créateur. Si un jour vous pratiquez « La Vie qui dit non », n’hésitez pas…